La vie en France au moyen âge: d'après quelques moralistes du temps par Charles Victor Langlois

November 14, 2019

La vie en France au moyen âge: d'après quelques moralistes du temps par Charles Victor Langlois

Titre de livre: La vie en France au moyen âge: d'après quelques moralistes du temps

Auteur: Charles Victor Langlois

Date de sortie: July 19, 2015

Broché: 412 pages

Éditeur: Transcript

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La vie en France au moyen âge d'après quelques moralistes du temps by Charles Victor Langlois

Le présent ouvrage fait pendant à celui que j’ai publié en 1904: La Société française au moyen âge d’après dix romans d’aventure.
J’ai été amené à le composer au cours de mes études sur la littérature latine du moyen âge. Il est impossible d’étudier les moralistes du moyen âge qui ont écrit en latin sans s’occuper de ceux qui ont écrit en langue vulgaire. Ayant donc lu ou relu, à cette occasion, les écrits, en langue vulgaire de France, du XIIe, du XIIIe et du XIVe siècle, qui ont trait à des questions de morale, il m’a semblé naturel d’y puiser les éléments d’un livre du même genre que celui que, en des circonstances analogues, j’avais tiré des romans d’aventure.
Plusieurs raisons m’ont décidé à prendre ce parti. D’abord, des raisons personnelles, accidentelles: parce que j’avais eu un vif plaisir à écrire le volume paru en 1904; parce que ce volume avait reçu l’accueil que j’aurais pu souhaiter, tant des hommes compétents que du public en général. Mais j’ai eu aussi des motifs plus sérieux.
Je suis de plus en plus frappé des inconvénients de la quasi séparation qui se perpétue entre la philologie et l’histoire. La plupart des philologues, romanistes de profession, ne sont pas assez au courant des documents dont se servent les érudits qui s’occupent de l’«histoire» du moyen âge; et, réciproquement, la plupart des «historiens» du moyen âge négligent trop les documents littéraires, qu’ils considèrent comme le domaine réservé des philologues. Les inconvénients de cet état de choses sont graves surtout pour les «historiens», dont la prétention dernière est de donner la connaissance et l’impression de ce qu’était autrefois la vie; car, en se privant des documents littéraires, ils se condamnent à ne pas voir quelques-uns des principaux aspects de la vie. Se figure-t-on ce que serait la description des sociétés actuelles, faite, dans quelques centaines d’années, par des gens qui les auraient étudiées exclusivement dans ce qui aurait subsisté alors de nos paperasses administratives, de notre Journal officiel et de nos Livres jaunes sans tenir compte de notre littérature? Or, c’est ainsi que l’on étudie et que l’on décrit encore trop souvent, de nos jours, les sociétés du passé. Quant aux romanistes, ils ont évidemment intérêt à utiliser les archives qui contiennent des renseignements précis, de nature à simplifier leurs hypothèses lorsqu’ils s’appliquent à déterminer la date des documents littéraires: pour préciser la date de quelques-uns des écrits dont il est question dans le présent ouvrage, il m’a suffi d’avoir lu beaucoup de pièces administratives du temps des derniers Capétiens directs; les noms de Jofroi de la Chapelle, de Jehan de Vassogne, de Gervais du Bus, de Chaillou, qui se rencontrent dans ces textes, n’avaient pas dit grand’chose à d’éminents spécialistes de l’histoire littéraire; c’étaient pour moi d’anciennes connaissances.
D’autre part, je suis de plus en plus persuadé que la meilleure méthode, pour communiquer au public les résultats vraiment assimilables de nos travaux, n’est pas d’écrire des livres d’histoire générale; c’est de présenter les documents eux-mêmes, purifiés des fautes matérielles qui s’y étaient glissées, allégés des superfluités qui les encombrent, en indiquant avec précision ce que l’on sait des circonstances où ils ont été rédigés et en les éclairant au besoin par des rapprochements appropriés.